Dans Le Monde du 10 décembre 2010 Paul Fournel, Cécile Guilbert, Hervé Le Tellier, Gérard Mordillat et Gilles Rozier signaient une tribune dénonçant les «inéquitables droits du livre numérique».
Aujourd’hui, seulement 10% du prix de vente d’un livre papier reviennent à l’auteur (53% résultant des frais de distribution, 15% de ceux de distribution et 20% revenant à l’éditeur). Or, les droits de vente des livres numériques concèdent aux auteurs des droits équivalents à ceux de l’édition papier, malgré l’absence de frais d’impression et de distribution, remplacés par la transformation au format électronique et la sécurisation des données, au coût quasiment nul. Si bien qu’en matière de livre numérique, la part revenant à l’éditeur grimperait jusqu’à 90% du prix de vente. Les cinq écrivains susnommés ont donc invité les auteurs à prendre position sur le sujet lors d’une assemblée générale organisée le 4 février au siège de la Société des gens de lettres dont nos confrères d'Actualitté ont publié un compte-rendu.
Hervé Le Tellier s’y est prononcé sur les questions de pourcentage précédemment exposées, arguant qu’aux Etats-Unis les auteurs touchent 25% sur la vente de livres numériques. Et si les écrivains préféraient se replier vers Apple et Google qui rémunèrent leurs auteurs à 70% ? Pour Gilles Rozier, le problème réside surtout dans le silence des auteurs et les invite à élever la voix. Belinda Cannone a appelé à ne pas diaboliser les éditeurs qui sont, selon elle, «aussi perdus que les auteurs».
Un espoir à l’horizon : la proposition de loi sur le livre numérique, déposée à l’Assemblée par le député Hervé Gaymard et qui doit être examinée le 15 février, serait favorable à une rémunération supérieure des auteurs. Pourquoi pas, aussi, comme le propose Hervé Le Tellier, organiser un système de donation ? Les acquéreurs d’un livre numérique parraineraient l’auteur du livre acheté d’un ou deux euros, dont la multiplication permettrait sans doute d’égaler, voire de dépasser, les 25 ou 30% de droits d’auteur.
Pour l’heure les priorités du « collectif du 4 février » sont les suivantes : exiger des contrats séparés pour le papier et le numérique et surtout prendre la parole sur le sujet.
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lundi 7 février 2011
Les auteurs défendent leurs droits sur le livre numérique
Cinq écrivains signataires d’une lettre ouverte parue il y a quelques mois dans Le Monde, ont invité leurs pairs à une assemblée générale le 4 février. Au cœur du débat : les droits perçus par les auteurs sur les ventes de livres numériques.
Le phénomène du téléchargement internet est véritablement en train de changer les habitudes de consommation et d'utilisation des œuvres. Ainsi il est vrai qu’une Loi sur le livre numérique devrait être instaurée. Toutefois, celle-ci serait encore plus spécifique que le projet de loi C-32 qui tarde à se faire adopter. De ce fait, cette situation conflictuelle que crée l’instauration des livres numériques sur Internet ne fait que démontrer l’évolution dont nécessite le droit d’auteur.
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