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mercredi 6 avril 2011
Situation des artistes: peu d'améliorations depuis 2008
«Les montants qu'on demande ne sont pas faramineux. Deux avions F-35 [sur les 65 achetés par le Canada], c'est déjà plus que le budget du Conseil des arts du Canada», compare Marc Gourdeau. Photothèque Le Soleil, Yan Doublet Isabelle HoudeLe Soleil (Québec) Le déclenchement des élections tombe à un mauvais moment pour la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS). La lettre que son pdg, Alain Paré, vient d'envoyer au ministre du Patrimoine, James Moore, restera sûrement sans réponse. Il cherche à comprendre pourquoi, pour la première fois en 18 ans, la subvention demandée par l'organisme a été refusée. «Ça représente 75 000 $», c'est-à-dire 53 % de leur budget, détaille Alain Paré. CINARS n'a obtenu aucune justification. «Je ne sais pas si on a été trop sur la place publique pour contester. [...] On se pose des questions», poursuit-il. Les coupes en culture du gouvernement Harper, qui ont fait monter les artistes aux barricades en 2008, continuent de hanter le milieu artistique. Au premier rang, les programmes PromArt et Routes commerciales, qui fournissaient une aide pour les tournées internationales, n'ont toujours pas été remplacés, malgré une promesse en ce sens de la ministre Josée Verner. CINARS a dressé en novembre un portrait alarmant des effets de cette abolition. Selon son enquête, plus de 175 tournées internationales ont été annulées, avec une perte de revenus de 15,8 millions $. Le seul baume a été l'aide de 3 millions $ octroyée sur trois ans par Québec. «Il y a eu un peu de compensation pour le Québec, mais comme c'est une compétence conjointe, il faudrait que le fédéral fasse sa part aussi», argue Stanley Péan. De son côté, Marc Gourdeau déplore que le problème ait été déplacé. «L'abandon de ces programmes a créé une pression énorme sur le Conseil des arts du Canada, qui a ses petits programmes de soutien à la circulation à l'étranger», constate-t-il. Droits d'auteur L'inquiétude règne aussi concernant la loi C-32 sur les droits d'auteur, qui avait été décriée par les artistes et les partis de l'opposition à l'automne. Même si le projet est mort au feuilleton à cause de la chute du gouvernement, le problème restera entier pour le nouveau gouvernement élu, rappelle Eric Dubeau. Les organismes espèrent du même souffle plus d'ouverture. «Les montants qu'on demande ne sont pas faramineux. Deux avions F-35 [sur les 65 achetés par le Canada], c'est déjà plus que le budget du Conseil des arts du Canada», compare Marc Gourdeau.
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