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mercredi 9 mars 2011

Historique de la chanson "Bittersweet Symphony"

C'était en 1998 que vous l'avez entendue pour la première fois: la chanson "Bittersweet Symphony" du groupe The Verve, cette chanson construite sous forme d'un hymne fait sur mesure pour les moments épiques d'une vie ou pour passer en boucle à votre station de radio préférée lorsque vous vous rendiez à l'école avec vos parents. Ce n’est pas pour rien que l’album sur lequel la chanson est tirée s’appelle « Urban Hymns ».

Cette chanson a permis au groupe de gagner un statut international très enviable en plus de générer des recettes assez intéressantes. Voilà tout qu'un exploit! Saviez-vous par contre que la bande de Richard Aschroft (leader du groupe The Verve) n’a fait aucuns gains sur les ventes et l’utilisation de cette chanson?

Voici donc l’historique d’une des chansons considérée comme étant l’une des meilleures de tout les temps selon le prestigieux magazine Rolling Stone.


« Bien que les paroles de la chanson ont été écrites par le chanteur du groupe Richard Ashcroft, la chanson a été créditée également aux musiciens des Rolling Stones Keith Richards et Mick Jagger après un long procès surmédiatisé accusant The Verve d’avoir copié le thème d’une reprise par le Andrew Oldham Orchestra d’une chanson de 1965 des Stones, The Last Time. À l’origine, The Verve avait négocié une licence pour utiliser un échantillon de l’enregistrement d’Oldham, mais on a accusé le groupe d’avoir abusé de cet échantillon. Ainsi ABKCO Records, propriétaire du catalogue des Stones a lancé une poursuite, motivé de plus par le succès commercial du single. L’affaire a finalement été réglée, la totalité des droits d’auteur de la chanson revenant à ABKCO et les crédits d’écriture à Ashcroft, Jagger et Richards.


« On nous a dit que ça allait être une répartition 50/50, puis ils ont vu le succès que l’on tirait de cette chanson », a dit Simon Jones, le guitariste du groupe. « Ils ont téléphoné et ont dit « nous voulons 100% ou nous le faisons sortir des magasins, vous n’avez pas beaucoup de choix. »


La chanson a été utilisée plus tard plusieurs fois, contre la volonté du groupe, pour des publicités. Celui-ci était impuissant, les droits étant en possession de ABKCO Records. Ainsi Nike l’a utilisée, ainsi que Opel, ce qui a poussé Ashcroft sur scène à déclarer à Haigh Hall (Wigan), en mai 1998,« N’achetez pas leurs putain de voitures, c’est vraiment de la merde ». »


Malgré que cette affaire date de plusieurs années et qu’il ne s’agit pas de droit canadien, il est intéressant de voir jusqu’où le plagiat peut aller. Justement, selon l’arrêt Borowski, si l’agencement ne rend pas l’œuvre originale identifiable, il n’y aura pas de violation. Dans le cas de la chanson Bittersweet Symphony, l’emprunt est évident. Par contre, il faut prendre en compte les paroles qui sont originales, l’agencement musical, la construction sonore, les instruments utilisés, etc. Le concept d’emprunt semble donc assez vague et il est difficile de dire si les tribunaux avaient raison de donner tous les droits sur la chanson à ABKCO Records plutôt qu’au groupe The Verve.


Je vous invite à visionner la vidéo ci-après qui explique très bien les développements dans l’histoire de cette chanson. Vous aurez ainsi la chance d’entendre les extraits pour vous faire votre propre idée.



Sources: http://www.musicsaves.org/verve/interviews/30.shtml

http://www.zicabloc.com/verve-bitter-sweet-symphony

5 commentaires:

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  2. Quelle histoire! C'est terrible de penser que les membres des Rolling Stones obtiennent le crédit pour une chanson qu'ils n'ont pas composée. Au fond, ça montre que le concept d'emprunt et de droit d'auteur n'a qu'une valeur économique. Si The Verve avait négocié une licence plus étendue, toute cette histoire n'aurait pas eu lieu. Lorsque Kanye West fait un album qui n'est qu'une succession d'emprunts, on crie au génie et on lui promet l'album de l'année. Au fond, la valeur artistique n'est pas moins présente du seul fait que des droits ou des licences ont été octroyés et payés.

    La notion de droit d’auteur a perdu son âme. Il ne s’agit plus de reconnaître l’innovation, mais plutôt de rediriger l’argent dans le bon compte en banque.

    Jean-Sébastien Rodriguez

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  3. J'ai cru comprendre le contraire, à savoir que la composition musicale originale relevait des Stones, repris par le Andrew Oldham Orchestra mais popularisé par The Verves par l'ajout des paroles et des instruments qui ont propulsé la chanson au top des palmarès. On doit donc se demander à nouveau qu'est-ce que la partie importante de l'oeuvre non ? L'apport du groupe The Verves est incontestable, mais pour quelle raison se rappelle-t-on réellement de cette pièce (outre le fait qu'on nous la balance dans les oreilles à outrance depuis une bonne décennie ;-)C'est incontestablement pour le riff selon moi, pas pour les paroles. Reste à réfléchir à la question des instruments. Le riff tient-il sa ''puissance'' seulement des cordes et bongos ? Il me semble que la substitution des instruments ne change rien à la ligne musicale. Beaucoup de questions et peu de réponses. J'ai peut-être compris croche, il est bien tard. Peut-être que l'auteur de ce post et l'intervenant ci-dessus sauraient m'éclairer davantage sur leur point de vue et sur l'assise de leur réflexion ?

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  4. Évidemment que le riff est au centre des discussions dans le cas présent. La mélodie des deux chansons est d'une similarité déconcertante. Si tu veux discuter des raisons pourquoi l'on se rappelle de cette pièce, personnellement je crois que la présence des violons dès les premières secondes ainsi que le refrain sont des éléments clés qui ont mené au succès de la chanson. Par contre, il faut se demander jusqu'à quel point un "riff" ou une mélodie peut être protégé. Par exemple, dans les années 50 et 60, une certaine structure musicale/mélodie était abondamment utilisée. Buddy Holly, Elvis Presley, Johnny Cash et même les Beatles (à leur début) ont utilisé ces mêmes "riffs" et ont pourtant tous gardés les droits sur leurs pièces respectives. Ainsi, je crois qu'il faut regarder l'oeuvre dans son ensemble, incluant la mélodie, les paroles, les arrangements, etc. et non seulement "la raison pour laquelle on se rappelle de la pièce". Si ce n'était que ce dernier critère qui était pris en compte, alors de nombreuses chansons ne seraient pas créditées aux bonnes personnes.

    Pour comparer deux autres chansons:

    http://www.youtube.com/watch?v=dPTsmswQVwg
    http://www.youtube.com/watch?v=IssdPmsScos

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  5. en méme temps, les Stones ont samplé un air déja fait par un ancien chanteur dans les années 60 qui a servi pour faire The last times, et ils n'ont pas été poursuivis c'est ce qui a énervé plus aprés.
    C'est tellement complexe que méme dans les documentaires que proposent direct star,on est pas certains qui a obtenu les droits d'auteur si ce sont les Stones ou Andrew oldham orchestra.

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